L'interview - Entre-deux avec Yves Boillon
Yves Boillon, ancien président du MBC, reste l'un des plus grand supporters du club. Vous l'avez sans doute déjà croisé au COSEC. Yves a accepté de répondre à quelques questions (extraites de son discours lors des 50 ans du club, le 8 juin 2024). Merci à lui d'avoir joué le jeu !
Bonjour Yves, peux-tu nous raconter en quelques mots comment a été créé le club ?
Lorsqu'en 1974 je lançais l'idée de création d'une équipe, je ne pensais pas être présent 50 ans plus tard pour fêter l'événement.
A cette époque, il existait deux équipes au patronage "La Cane" (1 masculine et 1 féminine). Le conseil municipal d'alors a envisagé la création de l'USM (Union Sportive Montfortaise) qui devait regrouper les diverses disciplines sportives de la commune, existants et à venir. Ceci afin de faciliter la gestion des subventions communales. L'USM recevant l'enveloppe globale et se chargeait ensuite de partager entre les différentes sections.
Après avoir pris contact avec le président de "La Cane", celui-ci me fit savoir qu'il ne souhaitait pas adhérer à l'USM et qu'il n'envisageait pas non plus de maintenir l'équipe masculine.
C'est ainsi que fut prise la décision de créer une équipe qui regrouperait les anciens du patronage et les quelques nouveaux soit 8 au total.
Nous avons évidemment démarré au plus bas niveau départemental. En 1976 nous lancions 2 équipes minimes (1 féminine et 1 masculine) encadrées par Clément Delaunay et Claude Salmon. Une équipe féminine sénior s'engagera également.
L'arrivée de Maurice Broudic et de quelques autres permet d'évoluer plus rapidement et de gravir les échelons pour les seniors ainsi que la création de nouvelles équipes de jeunes.
Dans quelles conditions se déroulaient les matchs à l'époque ?
Les conditions de jeu étaient loin d'être ce qu'elles sont actuellement. Seules les rencontres disputées à Rennes permettaient de jouer en salle, tous les autres matchs se jouaient en extérieur, dans des conditions souvent difficiles. Il nous arrivait parfois d'être obligés de balayer le terrain avant le match pour dégager les flaques d'eau (les paniers à 3 points n'existaient pas encore).
Pour les déplacements, nous utilisions l'estafette de mon commerce afin de regrouper l'équipe et de limiter les frais. Tout d'abord nous utilisions des fauteuils de camping, ce qui était très aléatoire. Quelques temps plus tard, je faisais l'acquisition de 7 sièges d'un car accidenté que nous fixions sur des planches amovibles et que nous glissions dans le véhicule chaque samedi. Nous gagnons en confort mais surtout en sécurité. La bonne ambiance régnait pendant les déplacements. Il arrivait parfois qu'en plus, ce véhicule serve de vestiaire ou d'abri pour la table de marque au bord du terrain.
Malheureusement le téléphone portable n'existait pas encore et il n'était pas dans les habitudes de se promener avec un appareil photo dans la poche, ce qui fait que nous n'avons pas de souvenir visuel de ces moment pittoresques.
Quels souvenirs de cette époque t'ont particulièrement marqué ?
Quelques fait, entre autres, ont marqué cette période. Tout d'abord une rencontre de Coupe de France disputée à Saint-Calais dans le Sud Sarthe. Un car complet a effectué le déplacement. Malheureusement, malgré l'ambiance survoltée, la victoire revint aux sarthois qui évoluaient à un niveau supérieur. Nous avons également participé à un tournoi à Jersey, qui a laissé aux participants des souvenirs mémorables.
Quelle était l'ambiance au club ?
Pendant toutes ces années, la bonne humeur était présente. Nous nous regroupions fréquemment chez les uns et les autres après les matchs ou en soirée. Les quelques enfants étaient très jeunes. Les sacs de couchage étaient toujours présents dans les voitures, permettant à Gwen, Gilles et Goulven notamment d'entamer leurs nuits dans le coin d'une pièce quand leurs forces lâchaient prise.
Comment est né le Festival de Basket de Montfort ?
La construction du COSEC dans la fin des années 70 ou début 80 permit d'accélérer le développement du club en facilitant le recrutement des jeunes et l'amélioration des conditions de jeu et d'entrainement.
Nous organisions alors les premiers tournois qui regroupaient de nombreuses équipes masculines et féminines. Le soir, un buffet clôturait la journée, généralement dans la grande salle de Trémelin. Certaines équipes extérieures participaient à cette soirée très animée qui se terminait tard dans la nuit. Le 1er Festival vit le jour en 1987.
Tu as quitté Montfort en 1986, comment s'est passée la succession au poste de président ?
Pour des raisons professionnelles, je quittais Montfort en 1986 (le club comptait environ 150 licenciés). Je laissais alors la place de président à Clément Delaunay qui officia jusqu'en 1995. Pendant cette période, le club devint le Montfort Basket Club. Suivirent ensuite à la présidence :
- Michel Jéhannin de 1995 à 2000
- Samuel Méhault de 2001 à 2003
- Michel Jéhannin de 2004 à 2012
- Guillaume Courtin et Jérome Chérel en 2013-2014
- Anthony Jarnoux en 2014-2015
- Catherine Golvan de 2016 à 2019
- Jérome Chérel en 2020-2021
- Benoit Macé depuis 2022
Malgré mon éloignement, je suivais autant que possible les résultats et évolutions du club.
Un petit mot à ajouter ?
Je tiens à remercier à titre personnel tous les acteurs, qu'ils soient joueurs, encadrants ou bénévoles pour leur implication et leur soutien depuis la création du club et sans qui le MBC ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui. Une mention particulière à Michel Jéhannin qui est jusqu'à ce jour le président ayant exercé le plus longtemps et qui s'est dépensé sans compter pour que le MBC soit ce qu'il est devenu; ainsi que Maurice Broudic qui fut un élément majeur dans la vie du club pendant de nombreuses années.
Merci aussi à toutes les équipes de dirigeant et de bénévoles qui se sont succédées et qui ont permis au club d'obtenir les résultats et le niveau qu'il a atteint, autant pour le nombre de licenciés (faisant du MBC l'un des premiers clubs du département), que par le niveau.
Un grand merci également à tous les sponsors qui répondent toujours présents quand ils sont sollicités et sans qui la vie du club serait impossible, les finances restant malheureusement le "nerf de la guerre".
Je suis en possession d'un document rédigé par Jacky Langlet, membre dynamique et actif du club depuis des décennies. Il était notamment un grand animateur du Festival. Des problèmes de santé ne lui ont pas permis de se joindre à nous pour les 50 ans du club. Ce document est mis à votre disposition, pour celles et ceux qui veulent le feuilleter.
Je ne peux clôturer mon intervention sans avoir une pensée pour celles et ceux qui nous ont quittés (souvent prématurément et dramatiquement pour quelques uns) et qui ont eu une part active dans la vie du club.
Je souhaite que le MBC continue dans cette voie et nous fasse vibrer longtemps encore.
VIVE LE MBC !